

Le travail de Betty est avant tout une tentative de fusion entre la mémoire et l’invention. Chaque fois que nous représentons un paysage ou la nature, nous mettons en évidence la différence entre quelque chose qui existe et quelque chose de perçue. A travers un glissement sémantique, ce paysage naturel perçu est intégré de façon intense dans le paysage émotionnel du souvenir et les éléments qui s’y constituent sont transposés sur une cartographie picturale personnelle et symbolique.
Le paysage est réinventé et ouvre à chaque regard sa composante interstitielle, à travers des formes qui se chevauchent, qui s’additionnent. Comme le souligne Michel Corajoud : « Dans un paysage, l’unité des parties, leur forme, vaut moins que leur débordement ; il n'y a pas de contours francs, chaque surface tremble et s'organise de telle manière qu'elle ouvre essentiellement sur le dehors »¹.
La présence de « l’aleatoricism » vient s’insérer de façon très récurrente à la manière de faire de l’artiste. Elle utilise diverses techniques telles que l'aquarelle, la plume, l’encre de chine et la peinture acrylique. Les dessins qui en découlent sont fruits du geste intuitif toujours à la quête d’un équilibre entre la spontanéité, le contrôle et l’observation précise. Dans ces paysages de Betty, la représentation de l'homme n'est pas nécessaire : il y est déjà, en tant que cocréateur de la nature.
Betty Zajdenwerg est née à São Paulo et a vécu une grande partie de sa vie à Rio de Janeiro. Elle a une formation en design industriel et est diplômée de l’École d'arts visuels Parque Lage. Actuellement, elle vit et travaille à Paris.
1. CORAJOUD, Michel, Le paysage, c’est l’endroit où le ciel et la terre se touchent. La théorie du 1 paysage en France : (1974 - 1994) - Champ Vallon, 2009.